Bérengère Savelieff


Au sein de Pax Christi :

  • chargée de mission pour l’éducation à la paix,
  • déléguée internationale auprès de l’UNESCO.


Une culture de paix

Jeudi 2 juillet 2026, de 15h à 18h

La conférence étudiera la conception de la paix et de la guerre chez saint Thomas d’Aquin en suivant l’évolution chronologique de ses œuvres. La paix y est définie, dans la lignée de saint Augustin, comme la « tranquillité de l’ordre », c’est-à-dire l’harmonie des réalités selon leur juste place. Elle concerne d’abord l’unité intérieure de la personne, l’accord des appétits sous la raison, puis l’accord entre les hommes autour du bien commun. Fruit direct de la charité, la paix n’est jamais parfaite ici-bas en raison du péché, mais demeure une réalité réelle, bien que fragile, orientée vers sa plénitude dans la béatitude éternelle. La guerre, quant à elle, n’est pas traitée comme l’opposé dialectique de la paix mais comme une grave atteinte à celle-ci. Saint Thomas admet toutefois la possibilité d’une « guerre juste », sous des conditions strictes : autorité légitime, cause juste et intention droite et d’une proportion favorable entre biens escomptés et maux éprouvés, toujours ordonnées au rétablissement de la paix. Cette tolérance s’explique par un réalisme moral : le mal peut être permis par la providence divine s’il est réglé et ordonné à un bien supérieur. En définitive, la véritable paix ne peut être imposée par la contrainte ; elle suppose la justice, la charité et, ultimement, la grâce divine.

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